Ce qui marque incise
Esther Salmona
Le texte s’ouvre par « le monde », « ses dimensions » et l’« absence ». Il y a un deuil, une rupture, un vide laissé dans le paysage. Et tout est là, dans cette première page, le sujet du livre, l’absence, le deuil, comment cela prend place dans le paysage, comment celui-ci est redessiné par cette absence même, comment le dire, le décrire, tel que l’autrice le voit maintenant après cette disparition, à partir de cette disparition, et malgré elle. Mais le sujet central serait surtout la langue, le « comment dire », comment décrire, à la fois le très absent (la personne disparue) et le très présent (le paysage dans toute sa matérialité), et ce qui circule d’une présence désormais effacée entre les parois très matérielles d’une montagne, l’eau d’un ruisseau et la terre d’un chemin.
Ce qui marque incise est un texte qui se lit et se relit, dans la lenteur et l’attention, aux mots, aux présences, à la circulation des êtres, des choses, de la pensée.
QUATRIÈME DE COUVERTURE
rien
ne peut adoucir
ni paysage
ni falaise
ni creux de rivière
ni fait réel
ESTHER SALMONA
née en 1974, est autrice, artiste, paysagiste. Elle cherche à écrire les porosités entre corps et espaces à travers la traduction des perceptions.
Elle a publié en revues, dans des ouvrages collectifs, et deux livres :
Amenées, Éric Pesty éditeur, 2017.
Quads, leséditionsprécipitées, 2012